Chaque semaine, découvrez sur le blogue Une étude en cinédanse un nouveau champ d’activité en lien avec la production cinématographique et la cinédanse. C’est ensuite à votre tour de participer : vos commentaires et questions sont attendus sur notre site web, notre page buy female instagram followers Facebook ou notre profil carrie underwood body transformation Vimeo, et vous pourrez même profiter de l’expertise de nos intervenants en leur adressant vos questions. Bonne découverte et… bonne cinédanse!

La direction photo

De la préproduction à la postproduction, le directeur de la photographie est un collaborateur essentiel du réalisateur dans l’élaboration d’une oeuvre cinématographique et signe l’image à travers ses propositions de cadrage et d’éclairage; un métier aux multiples facettes, tant artistiques que techniques. Il compose une image en déterminant l’angle et les mouvements qui seront adoptés par la caméra, et les types d’éclairages qui seront utilisés. Peu importe le plateau, il doit s’assurer d’une continuité visuelle tout au long du tournage. Il compose avec les scènes tournées à l’extérieur comme avec celles filmées dans un environnement contrôlé. Il construit une ambiance dans le respect de l’esprit d’un film et de la vision du réalisateur.

On se réfère également à la direction photo sous le nom de département caméra. Celui-ci englobe trois sections que le directeur photo supervise :
*La caméra, qui est responsable des équipement de la caméra et de la mise au point;
*La lumière, qui se charge de la gestion des installations d’éclairages;
*La machinerie, qui supervise les mouvements de caméra (travellings, grues) et accroche la caméra dans des endroits difficiles.

Source : http://cinemaquebecois.telequebec.tv/

C’est un honneur pour moi de vous présenter Stefan Nitoslawski. Stefan est un artiste interdisciplinaire avec qui j’ai eu l’immense plaisir de collaborer sur quelques productions filmées en danse : des projets de captations pour Kidd Pivot/Crystal Pite, mais aussi le tournage de mon propre film BERTH. En lui j’ai d’abord rencontré un directeur de la photographie, mais j’ai rapidement compris que j’étais en compagnie d’un artiste complet qui s’identifiait à une démarche intègre et indéfectible. À chacun de nos contacts, avec générosité et sensibilité, il incite à la réflexion et au dépassement de soi. La méthode est forte en lui. D’un esprit ouvert à l’exploration, il est sensible tout en s’appuyant sur une maitrise exemplaire de la technique.

Pour découvrir ses oeuvres, je vous invite à visiter son site internet : www.stefan-n.ca ou à le laisser se présenter ici même :


Ma démarche en tant qu’artiste interdisciplinaire consiste à explorer les concepts de l’identité et de la réalité perçue. Ce processus épluche les couches intimes de l’être pour le dégarnir et en révéler ainsi une clarté plus profonde.

Au moyen du cinéma, vidéo, de la photographie, je crée des images inattendues qui visent à inciter le spectateur à se regarder et à regarder ce qui l’entoure. Je m’efforce de fouiller entre les lignes de la perception de nos corps et de nos environnements. Une connaissance solide de l’imagerie numérique et de l’art contemporain m’inspirent et me poussent à avancer mon travail.

Les notions d’identité et de perception me fascinent car sur les plans sensoriel et émotionnel je ressens le monde comme étant fluide. Les formes, les images et les perceptions qui pourraient être considérées sûres par d’autres me semblent parfois difficiles à cerner. Les émotions métamorphosent mon corps, comme l’environnement qui l’entoure.

Pour exprimer ces perceptions, j’élabore mes œuvres avec de la gestuelle. Le matériel est façonné dans la chambre noire, en studio ou, lorsque dans un espace naturel, avec des paramètres précis. Cette approche ouvre la porte à une créativité intuitive : je frappe, je bouge, je touche, je chorégraphie ou je tranche, et ainsi de suite. Cet énoncé gestuel me permet d’extérioriser mes perceptions palpables et de les affirmer par un moyen visuel approprié. La caméra film ou l’appareil photo sont des instruments utilisés sciemment pour capter ce processus.

buy uae instagram followers Stefan Nitoslawski


La cinédanse et la direction photo

Fondamentalement, le cinéma est un art de l’image. Dans la conception d’une image il doit y avoir une intention derrière toute décision prise. Le cadre d’une image et son mouvement sont riches de sens et ont le potentiel d’émouvoir. En aucun cas n’ai-je le désir de sous-estimer l’effet du son au cinéma, mais je crois judicieux d’examiner séparément les éléments dont est formé cet art pour mieux les comprendre. Dans le cas qui nous concerne, la direction photo (le département caméra) englobe une multitude de détails : le cadre, la lentille (la focale), la mise au point, le mouvement de caméra, la lumière. Chacun de ces éléments peut traduire, avec nuance et éloquence, les intentions des créateurs. Un outil comme le storyboard peut aussi stimuler les discussions et aider le réalisateur à imager son film.

Suite à des discussions avec des professionnels du milieu, j’ai pu comprendre qu’à cause des budgets restreints des productions, le storyboard est rarement utilisé dans le développement des films. Il est plus souvent utilisé lors des plus grandes productions, en prévision des scènes à effets spéciaux. Je considère qu’en cinédanse la storyboard pourrait venir remplir un vide que le scénario ne comble pas. L’écriture des mouvements d’une danse doivent être vus et ne peuvent être lus sur les pages d’un scénario. Pour certains projets, à défaut d’un scénario le storyboard pourrait, à lui seul, traduire les intentions des créateurs.

L’adaptation du storyboard

La forme traditionnelle du storyboard papier pourrait évoluer pour inclure des extraits de chorégraphie filmés en studio de répétition. Ces extraits pourrait être filmés avec les cadrages appropriés, incluant un choix de lentilles. Le plan de montage sonore pourrait également être jumelé à ce nouvel outil. La danse étant si étroitement liée aux univers sonores et musicaux, il va sans dire qu’un document de synthèse bénéficierait grandement d’un tel outil de référence. Par exemple, le monteur, situé à la fin de la chaine de travail, a besoin de savoir que les multiples gestes des danseurs captés par la caméra étaient régis par le son qui les accompagnaient.

Le réalisateur-chorégraphe

Chorégraphier en gardant en tête l’oeil de la caméra doit faire partie de nos habitudes, à tout le moins c’est une habileté à considérer, à étudier. Sachant que notre perception est grandement altérée d’un médium à un autre, par souci d’efficacité et d’économie il devient d’autant plus judicieux de créer avec les outils du réalisateur et l’œil du directeur photo. D’une part, le chorégraphe a intérêt à être conscient de la force évocatrice d’une image habilement filmée. D’autre part, pour rendre plus directs et fluides les procédés de tournage, le chorégraphe doit aussi être conscient, à tout moment lors de sa création en studio, du positionnement de la caméra et de la perception de l’espace et des objets qui s’y trouvent; cela va nécessairement différer de la scène une fois filmé. Il existe donc le cadre et ses multiples valeurs, mais également les angles et les mouvements de caméra. On pourrait dire que le sujet danse, mais que la caméra danse également. Les possibilités sont immenses et puissantes. Un langage prend toute son efficacité lorsque l’on sait bien l’utiliser.

La direction photo d’une oeuvre chorégraphique : de la scène à l’écran

La direction photo peut avoir un grand impact sur l’adaptation d’une oeuvre à l’écran. Bien sûr, on peut rester fidèle à l’œuvre originale présentée sur scène, et en faire une captation telle quelle. Mais on peut également, tout en respectant son essence, faire évoluer cette même œuvre en apportant une nouvelle perception. Toute adaptation me semble devoir répondre à certaines conditions de base :

chris evans body Confiance Le réalisateur espère obtenir la confiance du chorégraphe. Celle-ci lui donnera la chance de s’approprier l’œuvre pour l’amener plus loin.

ryan terry Temps et ouverture Le processus requiert que le réalisateur investisse du temps pour pouvoir faire évoluer l’œuvre. Si le chorégraphe peut accepter que son œuvre évolue de la sorte, envisageant même un retour en studio, la nouvelle œuvre filmée en bénéficie grandement.

buy instagram spread likes Intimité Certainement une des grandes forces de la caméra est d’aller chercher l’intimité, de part sa proximité avec le sujet. Ceci implique d’alterner la perception plein pied du sujet en se rapprochant de celui-ci. Le dosage est bien sûr fait lors du montage.

Discussion et décision Le chorégraphe et le réalisateur doivent pouvoir établir une grande communication pour travailler ensemble. Chacun possède une compétence particulière et leurs relations au sujet diversifient l’approche face au projet. Cette ouverture et cette écoute aideront la prise de décision.


Le carnet de notes de Louis-Martin

Dans le passé, j’ai parfois cru que mon statut de cinéphile était avant tout source de tergiversations, mais avec le recul je me rends compte qu’il n’y a pas de mécanisme plus efficace pour accumuler une culture cinématographique. Lorsqu’on discute avec nos collaborateurs, les références de ce type que l’on peut apporter à la discussion sont toujours des plus pertinentes. Mais encore plus pertinente est la codification de mes références personnelles. En lien avec ma vision de l’art, avec le type de film que je désir créer, je souhaite faire la synthèse des images (de toutes sources) qui serviront de référence pour mes projets à venir. Ceci est encore à réaliser.

Se connaitre comme créateur, pour pouvoir communiquer notre vision. Une vision qui, d’après moi, ne cesse de grandir et de s’enrichir tout au long de notre vie.

Depuis le début de cette étude, je constate, pour l’avoir entendu de chacun des intervenants, l’importance de mieux connaître spécifiquement les métiers qui entourent la production de film. La technique de leur métier et ce dont ils sont capables d’accomplir. Dans le cas de la direction photo, connaître la technique signifie parler le même langage. Suite à ma précédente capsule, je parlais de réalisme. Là encore, savoir ce que la caméra peut réaliser dans les conditions disponibles concrétise le travail. J’ai donc une série d’exercices à effectuer pour connaître mes lentilles et leurs focales. Ces exercices simuleront le déplacement d’un danseur dans l’espace avec des variantes de lentilles. Par la suite, j’inclurai des mouvements de caméra de base.

Tout au long de l’œuvre, la continuité dans l’image est le rôle du directeur photo. Pour le réalisateur, la continuité dans l’expression des interprètes est sa responsabilité. De plus, le réalisateur devrait connaître, bien que parfois approximativement, son montage final. Les mouvements de caméras et les valeurs de plans variables sont également importants à prendre en considération. Le réalisateur doit garder tout ces éléments en tête, avec l’aide du scripte, tout en nourrissant un esprit d’ouverture afin de pouvoir reconnaître les moments de grâce qui se présenteront à lui.

Louis-Martin Charest