Chaque semaine, découvrez sur le blogue Une étude en cinédanse un nouveau champ d’activité en lien avec la production cinématographique et la cinédanse. C’est ensuite à votre tour de participer : vos commentaires et questions sont attendus sur notre site web, notre page Facebook ou notre profil Vimeo, et vous pourrez même profiter de l’expertise de nos intervenants en leur adressant vos questions. Bonne découverte et… bonne cinédanse!

La prise de son

Le preneur de son est le gardien du silence absolu sur un plateau. Il est responsable d’enregistrer les dialogues joués par les acteurs, ainsi que tous les bruits liés à la scène et qui seront ensuite recréés artificiellement. Il est l’ennemi des sons parasites et l’allié du réalisateur. Une fois une prise enregistrée, il doit être en mesure d’évaluer rapidement la qualité sonore de celle-ci et décider, en collaboration avec le réalisateur, si la scène doit être reprise. Le preneur de son est capable de décortiquer les différents sons qui composent une scène pour ensuite les enregistrer séparément et les fournir au monteur sonore. Il construit une ambiance faite de paroles, de dialogues, de bruits et de sons. Finalement, il veille à réenregistrer en studio les dialogues dont le manque de perfection aurait échappé à son oreille durant le tournage.

Source : http://cinemaquebecois.telequebec.tv

C’est un grand plaisir pour moi de vous présenter Sylvain Vary, preneur de son. Nous avons travaillé ensemble à plusieurs reprises sur des productions cinématographiques et scéniques. C’est un collaborateur qui m’inspire par sa grande passion pour le cinéma, une passion qui se révèle dans sa compréhension globale du processus cinématographique. Il est intervenu à plusieurs niveaux dans mes projets et toujours avec autant de sensibilité et de précision. Je tiens également à souligner sa grande générosité.


Sylvain Vary

Né à Ville d’Anjou, émigré en banlieue sud alors qu’elle était encore campagnarde, Sylvain Vary revient à Montréal pour faire des études en cinéma au cégep Saint-Laurent, puis à l’Université Concordia au baccalauréat en production cinématographique. Deux années sabbatiques pour voyager à l’étranger ralentiront les échéances scolaires. Une maîtrise en scénarisation sera abandonnée pour profiter d’une ouverture professionnelle comme recherchiste de lieux de tournage. L‘aventure durera deux ans à travers les rues de Montréal et les routes du Québec. Puis la perche est tendue pour les métiers du son.

Dix-huit années se sont écoulées depuis ses débuts comme perchiste, dont une grande partie à parcourir le globe comme preneur de son documentaire. Voici quelques-unes des productions sur lesquelles Sylvain Vary a participé : Sans Filet, du Cirque du Soleil, CONTACT, l’encyclopédie de la création, Barbiers – Une histoire d’hommes, Les dames en bleu, Extraordinary Canadians, La classe de Madame Lise, All together Now, Mère et monde, No More Tears Sisters, Marché Jean-Talon, Sur les Étages.


La cinédanse et la prise de son

Cette capsule vidéo est la première de deux entrevues sur le son. La deuxième rencontre, qui portera sur la conception globale du son dans un film, sera avec Daniel Toussaint, concepteur sonore. La perception de nombreux artisans de l’audiovisuel est que le son compte pour 50% d’une œuvre, à part égale avec l’image. Le son peut avoir un grand effet sur l’impact d’un film. Il peut être porteur d’éléments essentiels de narration et produire de puissantes émotions. On peut ainsi dire que le son justifie l’image.

Il est important de rappeler, d’entrée de jeu, que les mêmes mécanismes de prise de son utilisés en fiction sont disponibles en cinédanse. Parfois par contre, la prise de son semble être l’enfant pauvre de la cinédanse. Peut-être à cause des budgets réduits ou même d’une culture provenant du vidéoclip? Et donc, malheureusement, la danse à l’écran bénéficie rarement de l’intimité que le son capté lors du tournage pourrait offrir. Je veux dire par intimité que le son produit par le danseur, lors du tournage, nous offre une expérience de proximité qui est rarement vécue lorsqu’on assiste à une performance scénique.

À la conception d’un film, spécifiquement lors de la scénarisation, il peut y avoir des considérations précises par rapport au son. Le son est l’un des outils essentiel à la création. Par exemple, des éléments sonores pourraient venir supporter la narration; et donc, la cueillette de certains de ces détails sonores doivent être effectués lors du tournage. C’est au réalisateur de prendre conscience de cet intérêt lors du processus de création, d’en faire part à son équipe lors de la pré-production (producteur, 1er assistant réalisateur, preneur de son et monteur) et de l’exiger lors du tournage. Avec toute l’intérêt et la sensibilité qu’il se doit.

La prise de son d’une oeuvre chorégraphique de la scène à l’écran

Le son que l’on perçoit en assistant à une oeuvre présentée sur scène est principalement dû à la conception sonore du spectacle : musique et environnement sonore. La distance entre le spectateur et les interprètes, en plus des autres conditions de production, vont nécessairement entraîner une distorsion dans le rendu final. Le mixage de la musique avec le son provenant du danseur est inexistant, et donc indisponible pour le spectateur, hormis de rares cas où le son serait capté et amplifié. En cinédanse, c’est donc une chance inestimable de pouvoir apporter, en nuance et sensibilité, une dimension sonore qui ramène cette proximité à la danse et aux interprètes. Bien entendu, ceci se fait en parallèle avec les possibilités offertes par la direction photo.

Le réalisateur-chorégraphe

J’ai déjà commenté sur l’importance des répétitions en pré-production, et des mécaniques lors du tournage, pour assurer la continuité et mieux visualiser le découpage (concevoir le storyboard). Sur le plateau, il est possible, lors d’un deuxième blocking (mise en place des mouvements, positionnement des acteurs, caméras, etc.) d’effectuer une prise de son sans le play back. Il suffit de se l’imposer pour que cette pratique s’intègre naturellement aux pratiques de tournage.


Le carnet de notes de Louis-Martin

Malgré les budgets restreints et le manque de temps sur le plateau, il est important que chaque plan puisse bénéficier d’une bonne prise de son des danseurs.

Au minimum, chaque danseur porte un « micro-cravate » lors de prise de son, alors que la perche prend un son d’ambiance.

En post-production, il est essentiel que toutes les prises de son soient acheminées au monteur sonore. Ce sont des éléments avec lesquels on peut créer le montage et qui ont leur incidence dans le processus de la conception sonore du film.

Le preneur de son doit être diligent et d’une grande sensibilité. Il doit également comprendre la danse et les particularités du travail du danseur. Dans le cas précis de la cinédanse, le preneur de son doit être ouvert à un tournage qui diffère d’un tournage habituel. C’est important de prendre compte de ces aspects lors de la sélection du preneur de son.

Louis-Martin Charest