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Chaque semaine, découvrez sur le blogue Une étude en cinédanse un nouveau champ d’activité en lien avec la production cinématographique et la cinédanse. C’est ensuite à votre tour de participer : vos commentaires et questions sont attendus sur notre site web, notre page Facebook ou notre profil Vimeo, et vous pourrez même profiter de l’expertise de nos intervenants en leur adressant vos questions. Bonne découverte et… bonne cinédanse!

Le montage

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« Étudier le montage, c’est se placer au coeur de la notion la plus spécifique de l’art cinématographique. Qui veut définir le cinéma, ne peut se dispenser d’un examen de ses multiples potentialités. Le plus couramment destiné à raconter une histoire ou à exprimer un sentiment, une idée, le montage assemble plusieurs unités de base, nommées « plans », afin de créer une technicité de la perception par laquelle le cinéma est devenu très rapidement un art à la fois populaire et élitaire. »

David Vasse, L’évolution du montage : de Griffith à Godard

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C’est avec plaisir que je vous présente Guillaume Marin, un monteur avec qui j’ai collaboré à quelques reprises – notamment sur le court-métrage ONDEK. C’est un monteur qui a acquis, au fil des expériences, une expertise et un fort intérêt pour la cinédanse. Il entretient une soif insatiable pour l’image dans toutes ses formes et mutations. C’est sans retenue qu’il partage ses connaissances et, comme équipier, qu’il apporte un regard unique à la discipline de la cinédanse.


Guillaume Marin

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Guillaume évolue en post-production depuis plus de 12 ans. Il a travaillé pour différentes compagnies en post-production entre Montréal, Toronto, Vancouver et New York, touchant à la publicité, au documentaire, au cinéma et à la télévision. Depuis 2008, il travaille comme monteur pigiste. La structure, l’organisation et le rythme sont ses passions.

Quelques-uns de ses projets…

Documentaires : 25 ans de La La La Human Steps, Cirque Éloize au Mexique, Les Enfants de la télé – Capsule fan

Vidéoclips : Mika, Make You Happy; Grimes, Nightmusic; Pascale Picard, Gate 22; Hey Rosetta!, Red Heart; Bernard Adamus, Ouais ben; Marie-Pierre Arthur, Si tu savais; Philippe B, Nocturne #632

Court-métrages : Move, de Caroline Bâcle; Rives, de Pier-Luc Latulippe

Publicité : Adidas, Loto-Québec, LA FETE

Pour un aperçu de son travail : http://vimeo.com/user175344


La cinédanse et le montage

Au montage, comme dans la plupart des sujets que j’aborde dans cette étude, la technique requise y est abondante et mérite qu’on s’y attarde : par exemple, les questions de raccords (champ/contrechamp, de mouvement sur un geste, de regard, de l’axe). Je vous laisse le plaisir d’approfondir ces sujets en consultant les multiples publications qui les ont explorés bien mieux que moi.

Voici quelques autres considérations que j’ai cependant à l’esprit. Le montage agirait sensiblement comme l’acte de chorégraphier : le choix de juxtaposer des moments les uns à la suite des autres pour répondre à un besoin de communication. Cette action est régie par une forme d’expression propre à l’artiste et particulière à l’œuvre en cours. C’est-à-dire que dans les deux cas, les artistes vivent un rythme de création qui pourrait se détailler comme suit, en substituant le terme « geste » par le terme « image » ou « plan » dans le cas du montage…
*Création d’un geste
*Analyse du geste
*Réaction (nouvelle proposition ou apposition à un second geste)

Il y a déjà, dans les toutes premières combinaisons d’images, un regard analytique posé sur cette proposition. Pas nécessairement sous forme de critique, bien que ce mécanisme peut s’apparenter à une opinion basée sur nos sens. Il est de mon avis que la prise de décision en création est régie intrinsèquement par l’expression de nos sens, qui seraient eux-même une manifestation de notre âme créatrice.

Le rapprochement entre le montage et la chorégraphie est encore plus marqué lorsqu’on réalise que le montage, d’un plan à un autre, peut altérer la succession des pas d’une danse comme le fait le chorégraphe. Par exemple, il peut raccourcir ou allonger une séquence chorégraphique, en altérer l’ordre des mouvements, etc.

Sur scène, le chorégraphe choisit de nous faire voir sa chorégraphie dans un espace défini et une perspective précise. Est-ce que le danseur nous fait face? Est-il en avant-scène ou à l’arrière, immobile ou en mouvement dans l’espace? Le réalisateur, lors du tournage, puis le monteur, en post-production, vont choisir de quelle façon ils désirent que nous fassions l’expérience des chorégraphies composant le film. Leurs options sont multiples mais la juxtaposition des valeurs de plans et le rythme de ceux-ci est la plus significative. La perception du temps peut être altérée par le rythme des coupes. La proximité des danseurs à l’écran peut altérer la compréhension de l’espace dans lequel les danseurs s’exécutent. Le dynamisme d’un mouvement peut être accentué par un angle et une valeur de plan judicieusement choisis.

Le montage d’une oeuvre chorégraphique de la scène à l’écran

Le réalisateur doit connaitre la danse et ses particularités. De plus, il doit pouvoir saisir le langage spécifique au chorégraphe et à cette oeuvre. Bien sûr, il y a des concessions à faire entre le chorégraphe et l’équipe formée du réalisateur et du monteur. Lors des premières rencontres en pré-production, l’important est de saisir ce qui forme l’essence de l’œuvre afin que ces éléments soient préservés, traduits, soutenus et bonifiés par le travail de collaboration entre chorégraphe, réalisateur et monteur. Par la suite, le réalisateur sera responsable d’amener et de préserver l’essence de l’œuvre de sa genèse à sa diffusion. Philip Szporer, réalisateur et journaliste spécialiste de la cinédanse, en débattra d’avantage dans quelques semaines lors de son intervention dans le cadre de notre Étude en cinédanse.

Des discussions préalables entre le réalisateur et le monteur sont aussi essentielles parce que l’esthétique du matériel filmé aura un impact monstre sur les étapes de création successives. L’impact du montage sur une chorégraphie est aussi tel qu’il peut grandement changer la chorégraphie. En fiction, lors du tournage, on peut s’appuyer sur des techniques habituelles : plan large, médium puis rapproché. Mais dans le cas de la danse, certaines valeurs de plan peuvent facilement venir éliminer l’essence du travail chorégraphique.

Le réalisateur-chorégraphe

Il m’apparaît essentiel de répéter l’importance d’une bonne compréhension du processus cinématographique dans son ensemble et de la place du montage dans la chaîne de production. Le réalisateur-chorégraphe se doit de chorégraphier avec l’œil de la caméra et non celui du chorégraphe. Il doit orienter son regard selon les propriétés optiques de la caméra et de ses mouvements. Au fil de sa création, il peut additionner les plans et ultimement obtenir un découpage de sa chorégraphie. En lui, il a non seulement la chorégraphie des danseurs mais également celle de la caméra. Chorégraphier en tenant compte d’un découpage qu’il a déjà en tête.


Le carnet de notes de Louis-Martin

Laisser place à la surprise provenant du monteur. Le monteur apporte une autre perspective au film. Parfois il n’a rien vu du processus, son regard est donc frais. Il n’a pas d’idées préconçues et ne porte pas sur ses épaules des « j’aurais aimé, j’aurais du »…. il travaille avec ce qu’il a devant lui, le film qui se dessine déjà à travers les rushs.

À cette étape-ci, une fois de plus, c’est à moi de préserver l’essence du film. C’est judicieux de rester ouvert aux mutations et variations habituelles du processus, mais c’est facile de laisser le projet se perdre à ce point. Le monteur est un allié de taille. Il doit être mis au courant du projet, de son évolution depuis les premières rencontres en pré-production. La réécriture du projet est inévitable à cette étape du processus de création.

Lors du tournage, j’essaie de filmer un plus grand nombre d’images que ce que j’avais indiqué sur mon storyboard pour qu’ici le monteur puisse jouer avec. Pour qu’il puisse avoir une marge de manœuvre dans le montage si ce qui avait été proposé n’est plus efficace.

Il existe des myriades de variantes à un montage. Approchons-les avec beaucoup d’ouverture et allons-y avec notre cœur.

Louis-Martin Charest