Chaque semaine, découvrez sur le blogue Une étude en cinédanse un nouveau champ d’activité en lien avec la production cinématographique et la cinédanse. C’est ensuite à votre tour de participer : vos commentaires et questions sont attendus sur notre site web, notre page natty or not Facebook ou notre profil buy instagram likes biz Vimeo, et vous pourrez même profiter de l’expertise de nos intervenants en leur adressant vos questions. Bonne découverte et… bonne cinédanse!

La réalisation en cinédanse

J’ai déjà traité du métier de réalisateur dans le cadre de ma rencontre avec Adrian Wills, le 15 avril 2013. Cette semaine, je vais concentrer mes effort sur les particularités de la réalisation et de la création en cinédanse, ainsi qu’à mes expériences et réflexions personnelles sur la réalisation en cinédanse. Suite à mes multiples rencontres avec les artisans de cette Étude en cinédanse, j’ai compris que les productions de cinédanse avaient leurs particularités, mais que les techniques cinématographique sont relativement communes à toutes les formes de tournages. De toute façon, n’importe quelle production nécessite certains ajustements, liés aux particularités du projet. Les processus appliqués en cinédanse sont d’autant plus similaires à toute production où le mouvement d’objets dans l’espace est l’intérêt du tournage : évènements sportifs, poursuites en voiture, scènes de combat, entrevue d’un sujet en mouvement, et autres mouvements de caméra de toute sorte. Les cadreurs, en général, sont très aptes à capter le corps en mouvement. Au delà de ces conclusions un peu simplistes, il faut garder en tête que la danse à l’écran peut prendre de multiples formes et que c’est le regard du réalisateur sur cette forme artistique qui détermine davantage les spécificités du tournage. Nous avons tous en tête la forme classique que prenaient les films de Fred Astaire, Ginger Rogers et Gene Kelly, par exemple. Cette forme est encore vastement utilisée et tout aussi valable aujourd’hui.

La direction photo est un puissant outil pour le réalisateur, mais elle n’est pas le seul élément à considérer. Le réalisateur puise dans toutes les sources qui l’entourent pour traduire ce qu’il ressent et ce qu’il voit dans le propos de son film. L’intérêt est de faire valoir les qualités qu’il reconnaît de cette expression, ce qu’il ressent comme une valeur digne d’être retransmise pour que nous, spectateurs, soyons touchés par celle-ci. Le cinéma est un art hautement technique, qui demande un grand travail pour transposer de ce qui est inscrit sur la page via ce médium audiovisuel.

Et si la danse et ses techniques sont spécifiques, ses participants le sont d’autant plus. Bien entendu, c’est parfois l’expression devant la caméra qui fait tout le travail. La caméra devient témoin, avec un esprit ouvert et un cadre large. La danse est bien servie par cette approche.

C’est un honneur pour moi de vous présenter Philip Szporer, journaliste et réalisateur. C’est un homme d’expérience et de pensée, qui offre à notre communauté le don de ses idées et de ses réalisations. Je côtoie de près et de loin cet homme depuis plusieurs années, et je suis reconnaissant de sa contribution enrichissante qu’il apporte à notre milieu.


Philip Szporer

Philip Szporer est engagé, depuis plus de 30 ans, dans l’univers de la danse canadienne. Il enseigne présentement à l’Université Concordia. Philip est également un chercheur invité au Jacob’s Pillow Dance Festival. Il est le récipiendaire du prix Jacqueline Lemieux 2010, décerné par le Conseil des Arts du Canada. En 1999, on lui a attribué la bourse Pew Fellowship (National Dance/Media Project) à l’Université de Californie à Los Angeles.

En 2001, Philip et Marlene ont cofondé la compagnie de production cinématographique sur l’art, Mouvement Perpétuel. Ensemble, ils ont coréalisé et produit des documentaires et des courts-métrages sur la danse hautement acclamés. Leurs travaux sont diffusés dans de nombreux festivals à l’échelle mondiale et dans le cadre d’importants événements tels que les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2010, à l’Exposition universelle de Shanghai 2010, ainsi qu’à la tournée de l’Unesco en Amérique latine.

Parmi leurs récentes productions, ils ont finalisé Lost Action: Trace, un film portant sur la danse, comprenant de l’action en direct et de l’animation; le tout en stéréoscopie (3D), réalisé en collaboration avec la chorégraphe Crystal Pite et l’animateur Theodore Ushev, produit à l’Office national du film du Canada, et un court-métrage intitulé Dafeena, mettant en vedette la chorégraphie de Natasha Bakht. Philip est également à l’élaboration d’un projet interdisciplinaire en média 3D inégrant les arts martiaux et la chorégraphie contemporaine avec le Départment des Arts et des Cultures du Monde/Danse à l’UCLA et UC Santa Cruz.

Pendant plus de 20 ans, Philip fut journaliste pour CBC Radio, chroniqueur pour l’émission radio Aux arts, etc. de Radio-Canada, ainsi que correspondant pour The World (BBC/WGBH-Boston).  Ses écrits sur la danse furent publiés, entre autres, dans le Hour, The Dance Current, Ballettanz, Tanz, et Dance Magazine. Philip travailla en tant que facilitateur chorégraphique à Montréal, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux États-Unis. Il offrit aussi des ateliers d’écriture et donna des conférences à travers le Canada, aux États-Unis, et en Europe.


La réalisation en cinédanse

Dans l’essence de son travail, que fait le réalisateur? Il doit avoir une vision personnelle du film qu’il réalise. Cette vision doit être claire, afin qu’il puisse la transmettre à ses collaborateurs. En retour, ceux-ci vont pouvoir traduire et enrichir la vision à l’aide du mode d’expression qui est propre à leur champ d’expertise. Plus qu’un chef d’orchestre, le réalisateur doit avoir une maîtrise de l’impact possible des multiples éléments audiovisuels d’un film. Pas nécessairement les maîtriser, mais être sensible à leur force et leur langage. Le réalisateur est également le « poumon » du projet. Il motive les ardeurs, garde l’énergie saine et oriente tout le monde à l’intérieur du projet. Il est également celui qui installe un système de travail et de valeurs. Il exige un haut niveau de compétence et de professionnalisme de l’ensemble de son équipe.


ct fletcher my magnificent obsession L’acte de créer

Au cinéma, le processus de réalisation peut être long. En fait il est presque toujours long… Ce n’est pas aussi simple que de mettre un crayon sur le papier, pour dessiner les contours d’une forme apparue comme la foudre en notre esprit! Il est donc bon de trouver plaisir dans chaque étape. Mais parfois, il y certains projets où il est possible d’aller de la conception, en passant par la production, jusqu’à la post production. J’ai pu vivre cette magique cadence lors du tournage de mon film BERTH et je me le souhaite plusieurs autres fois, mais cela nécessite une structure de production particulièrement flexible et disponible.

buy cheap instagram likes fast Travailler une idée

Face à son projet, à force de petits coups, comme le sculpteur devant sa pierre, on arrive à faire apparaître les fragments d’un projet. Une idée à la fois, au départ sans trop de liens apparents, les pièces s’accumulent. Soudainement et inévitablement, l’abstraction se dissous et le geste expiatoire gagne du sens alors que les liens se tissent subrepticement.

Je reconnais maintenant que la création est pour moi un exercice de foi. À tous les jours, à tout instant, je garde la tête devant et légèrement baissée, le poids sur l’avant de mes pieds, et j’agis. Je me force à réagir. À contre-courant et plus souvent que je le reconnais, une force maligne tente – et réussit parfois – de m’éloigner de mon geste créatif. Cette pulsion est forte et je m’entraine à la taire ou à ne pas l’écouter. Je crois sincèrement que le mouvement est source d’avancement et de création.

Une idée requiert de l’espace pour quelle puisse venir à nous. Dans la densité de la vie, avec ses obligations et ses inquiétudes, l’idée doit pouvoir monter à la surface. On laisse baigner le germe de celle-ci en notre esprit pour la laisser mûrir. Et avant qu’on s’en rende compte, elle a grandit et a pris forme. Quand je crée, je suis plus efficace lorsque je privilégie le flot d’idées que lorsque je me fixe sur la perfection d’une seule. Je travaille à faire émerger les idées, les unes à la suite des autres. En prenant l’écriture de ce blogue comme analogie, je débute un paragraphe avec l’émergence d’une idée, une deuxième idée débutera un autre paragraphe et ainsi de suite. Tout au long de l’écriture, je revisite chacun des paragraphes pour les enrichir.

En chorégraphie, c’est similaire. Sans doute, le processus créatif dans son entier ne peut pas être conçu comme tel. Pour maîtriser l’expression, on peaufine et on répète. Cette étape qui perfectionne la forme est d’autant plus liée au technicien et à l’artisan en nous. Par contre, en étant souple, nous restons prêt à nous immerger de nouveau dans l’esprit créatif, le temps d’un grand saut.

buy instagram likes right away La création d’une équipe

À l’opposé de l’homme-orchestre, le réalisateur doit savoir bien s’entourer. Pour chaque projet, une équipe spécifique s’impose. Tout comme l’émission mythique des années 60-70, Mission Impossible, dans laquelle le maître d’œuvre choisissait son équipe de rêve parmi un catalogue de génies des tâches à exécuter… Mais là n’est pas l’essence de ma pensée. Ma stratégie serais d’avantage d’assembler un groupe de confidents, de maîtres dans leur domaine et avec qui les collaborations pourront se répéter. Bâtir sur le long terme, au fil des projets et par un processus de recrutement et d’élimination, un groupe de collaborateurs qui travailleront en symbiose pour traduire une vision unique.

mark wahlberg body La maîtrise de l’image

Tout comme une œuvre présentée sur scène, mais d’une importance exponentiellement élevée dans le cas d’un film, l’image demande à être maîtrisée. C’est une tâche qui me paraît, au premier abord, angoissante et épuisante. Mais par la suite, le plaisir jouissif de l’esthétique et de l’éloquence du médium prend le dessus. Avec chaque nouveau projet, mon intérêt pour l’apport visuel de la discipline et ma compréhension de l’ampleur des possibilités grandissent. Dans la préparation, en cultivant notre vision du film, l’esthétique s’assemble à partir de bribes d’idées et d’effets trouvés. C’est, encore une fois, à l’aide d’une équipe que tout cela se construit.


Le carnet de notes de Louis-Martin

Trouver plaisir dans chaque étape de travail (même si le processus est long) et trouver d’autres véhicules pour satisfaire le besoin de création dans l’immédiat. Pour ma part : dessin, écriture, jeux avec mon jeune enfant, projets de films à valeur de production moindre. Danser sous la pluie ou en studio.

Je créais des images lorsque j’étais adolescent et qui sont aujourd’hui le fondement de ma démarche. Plus j’avance, plus je reconnais les jalons de ma vie qui me servent à nommer ma vision.

Louis-Martin Charest